Art nouveau à Paris : des bijoux d’architecture

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On entre dans l’Art nouveau à Paris par les stations de métro imaginées par Hector Guimard. Vous savez, ces entrées qui ressemblent à des fleurs de printemps ou à l’éventail de verre de la station Porte Dauphine ? Apparu au début des années 1890, cette tendance fut comme une passion : brève et incandescente. En 1905, c’est déjà terminé. De courtes années époustouflantes de liberté, de fantaisie, d’imagination et de beauté.

Bref, un art total qui décore encore aujourd’hui les salles des restaurants Maxim’s ou Lucas-Carton, certaines tombes du cimetière du Père-Lachaise ou encore des devantures de magasins comme Félix Potin. Cet art s’est aussi propagé dans l’architecture, dont les plus prolifiques représentants sont Hector Guimard ou encore Jules Lavirotte.

Balade architecturale au cœur de l’Art nouveau

En compagnie de ce dernier, commençons une balade dans l’Art nouveau à Paris au 34 avenue de Wagram (8e), où le Ceramic hôtel aux courbes fastueuses s’est entiché de brassées de fleurs sculptées qui débordent de vases en grès. Descendons dans le 16e, au 59 de la rue Raymond-Poincaré. L’hôtel particulier Pauilhac, réalisé par Guimard, présente aux piétons ses corbeilles de fer forgé, ornées de pommes de pins, où se nichent les fenêtres du rez-de-chaussée. Autour de la porte d’entrée, s’enlacent des animaux de légendes et des fleurs extraordinaires.

Nos semelles, soudain aériennes, nous mènent devant l’immeuble des Chardons, à l’angle des rues Eugène-Manuel et Claude-Chahu. Le soleil fait éclater la splendeur de la façade ocre de l’architecte Charles Klein. Le regard suit les chardons et leurs feuillages en céramique turquoise et violette qui grimpent à l’assaut des étages.

L’Art nouveau au pays de l’imagination

Un peu plus loin, au 122 de l’avenue Mozart, nous retrouvons Hector Guimard et la maison toute en courbes dans laquelle il vécut. Des tourelles, une façade qui bombe le torse et des baies vitrées arrondies comme des proues de navires. Un avant-goût. Car 100 mètres plus loin, l’architecte a imprimé ses rêves tout au long de la rue Jean-de-la-Fontaine. Au 85, au 60 où se love l’hôtel Mezzara, et le groupe d’immeubles des 17, 19 et 21 qui colonisent quasiment la rue Agar.

Mais l’une des plus grandes merveilles de l’Art nouveau à Paris est en face, au numéro 14 de cette même rue. L’immeuble Castel Béranger fait les yeux doux aux promeneurs avec ses verrières enlacées de fer forgé vert, ses flopées de fenêtres en alcôves qui rejoignent le ciel, ses tourelles et ses balcons suspendus dans le vide.

Voyage dans l’Art nouveau, du 16e au 7e

La tête encore enchantée de tant de beauté, terminons la balade en nous avançant vers le 7e arrondissement. Direction le 29 de l’avenue Rapp où un immeuble de Jules Lavirotte nous attend. Le regard est attiré par un visage de femme qui surplombe l’entrée. De chaque côté, un homme et une femme nus semblent se moquer de son apparente sagesse. Nos yeux se lèvent pour survoler les étages et nous embarquent dans les rêves de l’architecte. Une profusion de couleurs, de sculptures, de fenêtres, comme des âmes paisibles qui racontent de folles histoires.

100 mètres plus loin, au 12 de la rue Sédillot, notre voyage dans l’Art nouveau à Paris touche à sa fin, avec l’hôtel particulier que Lavirotte a réalisé pour la comtesse de Monttessuy. Plus sobre peut-être, mais non moins spectaculaire…

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