La Cité des Fleurs, le village irréductible

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La Cité des Fleurs n’est pas le nom d’un film des années 1990, ni celui d’un roman de Dominique Lapierre. Non, c’est un lieu extraordinaire. C’est un vrai village niché au cœur de l’un des quartiers les plus urbains et les plus populaires de Paris, le 17e. Vous qui remontez la bourdonnante avenue de Clichy parsemée de commerces, de petits bistrots et d’échoppes de retoucheurs, prenez le temps de poursuivre votre route jusqu’à l’angle de la rue Guy-Moquet. Là, un grand portail en fer forgé noir protège une rue pavée qui perce en biais tout le pâté d’immeubles jusqu’à la rue de la Jonquière. Ce qui attire le regard, c’est le contraste avec l’urbaine avenue de Clichy. Ici, règnent en souverains le calme et la quiétude qui murmurent aux oreilles du passant égaré combien ce lieu est enchanteur. De grands marronniers portent au bout de leurs bras des grappes de fleurs et protègent les plantes foisonnantes qui s’extirpent des portails des demeures, hôtels particuliers ou anciennes maisons d’ouvriers.

À l’origine de la Cité des Fleurs, un lieu de mixité sociale

La Cité des Fleurs est créée en 1847 grâce à l’essor industriel du petit village des Batignolles, spécialisé dans la construction de locomotives et de machines de filature. C’est un lieu de mixité sociale. Si les ingénieurs s’y font construire de belles demeures, les patrons y possèdent aussi des pavillons pour héberger leur personnel. Aujourd’hui, on y trouve encore un foyer de jeunes travailleurs dont l’origine remonte à la migration au XIXe siècle des fils du Rouergue vers Paris.

Le lieu a imposé, dès sa création, un certain nombre de règles. Les 320 m de long de sa rue centrale sont rythmés par trois placettes circulaires et chaque propriétaire a été libre d’ornementer sa maison à sa guise. En revanche, chacun était tenu de planter au moins trois arbres à fleurs dans son jardinet et de hisser au-dessus de sa grille une paire de vases Médicis en fonte, aujourd’hui garnis d’iris. Les palmiers, bambous, acacias, tamaris et autres oliviers s’emmêlent donc aux bosquets fleuris.

La Cité des Fleurs : un village qui s’anime les soirs d’étés

Le gardien de la Cité des Fleurs nous apprend que les maisons sont restaurées par les Monuments historiques. Celles des numéros 31, 33 et 35 sortent tout juste de leur toilette et offrent fièrement aux passants la beauté de leurs façades blanches et sculptées. Le gardien nous confie aussi que les soirs d’été, lorsque l’air est tiède et s’embaume de parfums de fleurs, les habitants descendent des tables et des chaises sur les placettes pour dîner ensemble et profiter de leur village au cœur de la ville. Ses bruits s’étouffent alors et seuls les derniers chants d’oiseaux de la journée passent le feuillage des arbres gardiens.

Laissez donc les habitants privilégiés de la Cité des fleurs festoyer et allez vous-aussi vous restaurer après cette balade. Deux rues plus loin, commandez un verre de vin ou un bon dîner au Refuge des Moines (85 rue des Moines). Les vins sont excellents et le bistrot, tout en bois, est magnifique et chaleureux. Une ambiance authentique pour rester dans l’esprit du village que vous venez de visiter…

La Cité des Fleurs

154 Avenue de Clichy Paris IDF 75017

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